Ne rien lâcher

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La gérance du bistrot a changé,
Et dans la foulée,
Je me suis fait dégager.
Ce n’était pas officiel,
Mais comme j’étais déclarée,
Que la moitié du temps que je faisais,
Et que le reste de ma paye,
Je la touchais au black,
Ça me permettait de cumuler,
Un salaire de base
Et les aides sociales,
Seule avec une gamine,
On fait ce qu’on peut pour survivre.
Surtout que dans la restauration,
C’est comme ça que ça fonctionne,
Mais quand les nouveaux gérants sont arrivés,
Ils ont décidé de faire le ménage,
Et pour cela ils ont une arme :
Me faire travailler,
Le temps inscrit sur mon contrat,
Les problèmes ont ainsi commencé,
800 euros par mois,
Ça ne me permet pas de couvrir,
Mes besoins et ceux de ma fille.
En plus de tout ça,
L’ancien gérant m’a sucré,
L’ensemble de mes congés payés,
J’ai bien essayé de négocier,
Mais je me suis retrouvée coincée,
Une partie de ma paye dans l’illégalité,
J’ai pas pu faire face,
Ils ont refusé de me licencier,
Pour pas payer d’indemnités,
Mais ils m’ont mis la pression,
Pour que je me plie à leur décision,
Je ne peux donc rien toucher,
Alors je me suis barrée,
D’abord en arrêt maladie,
Puis de manière définitive,
Sans donner de nouvelles,
Abandon de poste !
J’ai eu une des gérantes en ligne,
Qui m’a limite insultée,
En me disant que je ne serai pas la première de ses employées,
A finir SDF sans rien à bouffer,
J’ai pas trouvé ça super sympa.
Non, en fait, ça m’a carrément bouleversé,
Je ne veux pas retourner dans la rue,
Je ne veux pas re faire les poubelles,
J’ai donc accepté un autre poste,
Dans un resto sympa,
Bien trop loin de chez moi,
Avec des horaires qui ne me conviennent pas,
Du coup, ma fille en paie les frais,
Je ne la vois quasiment jamais,
Trois soirs dans la semaine,
Je cours la déposer chez mon père,
Pour enchainer la fermeture jusqu’à 3h du mat,
Récupérer la petite le lendemain,
Pour l’emmener à l’école dès le matin,
Je me suis embrouillée avec ma belle-mère,
Je ne sais pas si je vais tenir longtemps,
Ce rythme totalement obsédant,
Je cherche une voix qui soit la mienne,
J’aimerai tellement construire quelque chose de pérenne,
Et je me vois dans cette fuite en avant,
Sans pouvoir rien arrêter,
Avec la peur de ne pas bouffer,
Ouf, ce mois-ci,
J’ai quand même réussi
à payer mon loyer,
Vais-je finir par m’effondrer ?

Nom de code : Nona

4 commentaires

  1. J’espère que tout va s’améliorer pour vous , il me viens en tête en vous lisant cette phrase « Aucune épreuve ne nous est donnée sans que la force de la surmonter ne nous soit donnée également »…..Courage! bien à vous…

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