On a décidé de « le faire passer »

Propriété privée

A l’occasion des 40 ans de la loi Veil autorisant l’avortement, des femmes racontent leurs expèriences. Des témoignages anonymes et nécessaires, publiés chaque semaine sur Kroniqueuse de vies. Car, si l’IVG n’est pas un act anodin, c’est  un droit essentiel.

« Mon avortement a eu lieu en 2006. J’étais en couple avec mon mec depuis 4 ans et je prenais la pilule. J’avais déjà une fille de 6 ans, j’avais fait une tentative de pose de stérilet juste après et en fait j’ai eu des hémorragies. On s’est rendu compte que j’avais plusieurs ovulations par mois et que donc, les moyens de contraception étaient limités. J’ai donc repris la pilule et je retombée enceinte. J’ai reconnu tout de suite les symptômes et puis je ne sais pas. Je savais, c’est tout. J’ai fait un test de grossesse urinaire et j’avais raison. Nous vivions mon mec, ma fille et moi dans un tout petit appartement. J’ai eu une très longue conversation avec lui. On a pesé le pour et le contre et on s’est dit que notre appartement était vraiment trop petit. Déjà que ma fille dormait dans une espèce de mini couloir, on n’avait pas de place pour un autre enfant. On a décidé de le « faire passer ». On dit comme ça nous.

J’ai été voir ma gynécologue et j’ai découvert qu’elle était contre l’avortement. Elle aide les femmes à procréer et donc, elle n’a pas bien supporté que je fasse le choix d’avorter. C’est elle qui m’a fait l’échographie et elle m’a mis le son à fond pour que j’entende le cœur alors que je lui avais dit non. Elle avait toujours le don de faire des petites choses désagréables pour me faire payer mon choix, comme par exemple de garder l’échographie au-dessus du dossier. Comme ça à chaque fois qu’elle l’ouvrait, j’y avais droit.  Elle ne me regardait plus dans les yeux. Elle détournait sa tête, comme si j’étais une pestiférée. J’étais mal à l’aise. Je n’ai plus été la revoir. Je la déteste, c’est viscéral. J’ai presqu’envie de vous donner son nom pour vous dire de ne pas aller la voir ! 

J’ai été dans une clinique privée pour avorter. J’ai voulu une anesthésie générale. Ça m’a marqué que les médecins me traitent comme-ci c’était normal. En même temps eux doivent en voir tous les jours, mais moi ça m’a fait bizarre que ça soit un acte médical « comme un autre ». Tu prends Rendez-vous et t’y vas quoi. Il y avait 5 ou 6 filles qui venaient pour ça. J’ai pris un cachet avant l’intervention. Je me souviens que ce médicament m’a brulé le ventre. Je me suis dit tout de suite : ça y est ça me l’a tué et puis je me suis endormie. Au réveil, à côté de moi, une jeune fille pleurait. J’étais mal à l’aise. Moi, je ne parlais pas. J’ai tout gardé à l’intérieur, pour moi. Je ne sais pas vraiment pourquoi mais je n’avais pas envie d’en parler. Elle me soulait l’autre à pleurer à côté, j’aura préféré avoir une chambre toute seule. C’est triste, je le sais bien, je n’avais rien contre elle. Mais je n’avais pas envie de subir ces pleurs alors que moi j’arrivais à garder ça dedans. C’est la première fois que j’ai été aux toilettes et que j’ai retiré la couche qu’ils m’avaient mise que j’ai vu le sang. C’est à ce moment que je me suis rendue compte qu’il n’était plus là. C’est bizarre. Tu ne t’en remets jamais vraiment en fait, tu apprends à vivre avec. Moi, j’ai même gardé le test de grossesse. Je n’en ai pas vraiment fait le deuil. Je me suis sentie coupable de ne pas l’avoir gardé à cause de problèmes de tunes. Si j’avais mieux gagné ma vie, il serait né. Il aurait même 7 ans le 25 janvier prochain.

Depuis, j’ai mis un implant et j’ai fait deux fausse couches. Comme visiblement aucune contraception ne me va et que je suis allergique au latex, je suis condamnée à avoir des problèmes avec ça. Et puis l’implant empêche l’œuf de nidifier, donc je le perds à chaque fois et je suis obligée d’aller faire un curetage. La première fois, je ne savais même pas que j’étais enceinte et en allant aux toilettes, il y a un truc bizarre qu’est tombé avec du sang. J’en ai parlé à ma mère et elle m’a dit : « bah c’est un œuf ! » j’ai répondu « un œuf de quoi ? » et elle s’est foutue de ma gueule : « un œuf de poule pardi ! »  On s’est marée et ça fait du bien. »

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3 commentaires

  1. Era suposto ,segundo o próprio ,ter sido em Abril/06. !Luis Miguel diz ter tido acesso a uma fonte ligada ao Vaticano e que o escolheu pois não queria jornalistas.Teva acesso a doc.únicos.Vai falar sobre uma loja « secreta » que influencia altas personalidades na América Central,Europa,Portugal…

  2. pai de ce munca aduce moarte>? de ce disperarea aduce moarte? doar cei care nu au tarie sa treaca peste problemele vieti ajung sa moara din cauza disperarii sau de prea multa munca (“munca nu a omorat pe nimeni, dar de ce sa risti”)

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