Valérie !

valérie

Valérie, Valérie !
Non franchement, je ne sais pas ce qui t’as pris.
Je sais que tu es meurtrie,
Prise au dépourvue d’une rumeur abominable,
Expédiée en une d’un canard à scandale,
Lui, le casque enlevé, l’air effarouché mais satisfait,
Pénétrant en catimini l’intimité de Gayet…
Et toi. Toi.
La femme indépendante, journaliste politique,
À la réputation sulfureuse,
Toi qui te voyais déjà en haut de l’affiche,
En dix fois plus gros que n’importe qui,
Ton nom s’étalait… en déshonneur,
La cocue, la trompée, la trahie : l’arroseuse, arrosée,
Valérie, Valérie !
Je comprends le besoin d’exprimer haut et fort ta blessure,
De lui faire payer cher son toupet,
Mais Valérie, qu’as-tu fais ?
Comment n’as-tu pas compris,
Que lorsqu’on largue une bombe atomique,
On s’irradie en même temps que l’ennemi ?
Les vents soufflent, le nuage se répand.
Comment, alors que tu voulais tenir ce rôle si politique,
N’as-tu pas pensé à nous, pauvres pécheurs,
Pataugeant dans cette désastreuse situation sociale et économique ?
Comment n’as-tu pas eu le minimum de respect,
Pour la nation dont tu voulais être la dame ?
Comment n’as-tu pas vu dans ton tragique destin et son exposition,
Que tu prenais en otage le dessein de la nation ?
Mais quel manque de clairvoyance Valérie !
Aujourd’hui on est tiraillé entre lire ou ignorer ton livre,
Un choix devenu presqu’un acte politique !
On en est presque à se dire qu’il a peut-être pas eu tort !
Non Valérie, que nous as-tu fait ?
J’aurais préféré que tu rayes son scooter en toute clandestinité,
Que tu le gifle de la belle manière en privé,
On aurait été ensemble repeindre la porte de Gayet,
On aurait tagué sans se faire attraper,
Un beau « Pétasse de la république ! »,
Qu’il fut un temps, tu méritais,
Un truc bien dans la tradition de ce genre de situation,
Un truc où on comprend l’aspect pulsion.
On cri, on pleure, on se marre et on repart,
Mais la tête haute Valérie, la tête haute,
Comme quand tu habitais Neuilly avec François,
Dans cet immeuble de la banlieue chic,
Et que de manière hautaine, vous leviez le nez, face aux voisins,
Ils s’en souviennent Valérie,
De votre comportement de marsouins,
Le regard ferme, les épaules droites et le torse bombé Valérie,
Un peu de pudeur et de fierté !
Quand je pense que t’as passé des nuits,
Seule devant ton ordi,
À taper chaque lettre entre larmes et gémissements,
À te remémorer le bon temps,
La chambre à coucher, sa tête sur l’oreiller,
Et puis la débandade, le mensonge, les pilules de somnifère,
Je te vois dans le noir, pour seule lumière l’écran,
Un verre de vin, une clope tirée frénétiquement,
À moitié saoule en marmonnant,
« Le salaud, Le salaud il va voir !! haaaiiinnnnnnn haain hain !! »
Mais Valérie, Valérie !
Te rends-tu compte du pathétique ?
N’as tu pas toujours su qui était dans ton lit,
Et que si mépris pour la pauvreté il y avait,
Autant que lui tu l’avais : tu l’as couvert avant d’être trahie
Nous penses-tu dupes à ce point ?
Le sourire aux lèvres tu as grimpé les marches de la république,
Et tu t’es magistralement pris les pieds dans le tapis.
Vous faisiez un beau couple Valérie,
Car vous avez, l’un comme l’autre,
Autant de classe qu’un poireau sur un étalage.
Merci Valérie, pour ce déballage,
Et ce manque de dignité magistrale,
Ce que nous retiendrons de toi Valérie ?
La cocue de la république, que la haine a poussé à bout…
Fallait rester debout Valérie,
Joe Dassin l’avait dit :

« Allons danser Valérie
Faut pas penser Valérie.
L´accordéon nous rend fous
On tourne et on s´en fout.
Allons danser Valérie
Ça va valser Valérie.
Et si on reste debout
On ira jusqu´au bout »…

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