Toutes des putes !

Toutes des putes je vous dit !

Impossible de ne pas réagir au débat sur la prostitution. L’interdire ? Pénaliser le client ? Rouvrir les maisons closes ? Le débat est controversé, est-il véritablement celui qu’on croit ?

La prostitution est une activité consistant à échanger des relations sexuelles contre une rémunération. Souvent pratiquée pour des raisons économiques et dans un cadre proprement criminel (traite des femmes, violence etc.), elle serait l’activité la plus lucrative du monde : générant environ 186 milliards de dollars de chiffre d’affaire.
(Chiffres : http://www.havocscope.com)

Que les luttes contre la criminalité, l’esclavagisme qu’il soit sexuel ou autre, soient une priorité, c’est certain. Que les criminels soient poursuivis et punis, évidemment. Mais légiférer, c’est aussi orienter les valeurs d’une société et des citoyens qui la composent. Najat Vallaud-Belkacem veut abolir la prostitution car elle considère que « La prostitution, l’activité, le système prostitueur sont des atteintes faites aux femmes, des atteintes à la dignité, des violences. » Dans cette optique, la proposition de loi participe de définir la place de la femme, de l’homme et de leur sexualité respective. 

Le corps se « vend »

Pas besoin d’aller sur les boulevards périphériques pour trouver des culs à moindre prix. Partout où vous jetez un œil, le corps et ses atouts s’exploitent et se vendent… même par les féministes ! Pensez-vous que les Femens auraient été à la une des médias si elles n’exhibaient pas leurs seins ? Seins choisis avec parcimonie qui plus est… on n’a jamais vu une Femen de 80 piges les seins en gant de toilettes à l’air. Non, un message politique se porte fermement : il se vend !

Les chaines de télévision et de production semblent être, de plus, les proxénètes les mieux rémunéré du marché. Par exemple, les tentateurs et tentatrices de l’île ne sont-ils pas payés pour coucher ?! Officiellement, pour séduire… jusqu’à la consommation de l’acte sexuel. Chaines et productions prennent des bénéfices sur la publicité que génère ce type d’émission. Or, par définition, le proxénétisme est une activité consistant à tirer profit de la prostitution d’autrui ou à la favoriser… Je ne suis pas convaincue que les acteurs pornos, par exemple, ne soit pas poussé par une nécessité économique  ou qu’ils choisissent toujours leurs partenaires. Pourtant, aucun client de boite de strip-tease ou de visionnaire de ces films, n’est pénalisé. Encore moins les chaines, médias, magazines et entreprises qui participent de tout ceci.

« Le système prostitueur » est là, partout autour de nous,  légal. Oui, le corps et ses possibilités se vendent et s’achètent et avec lui, l’envie et le plaisir qu’ils induisent. Bien ou mal, moral ou pas, le fait est que nous avons intégré cette notion capitaliste de l’offre et de la demande et ce, jusque dans nos schémas relationnels.

L’offre et la demande

Récemment, sur un site de rencontre, une amie a proposé à un homme dont le profil lui plaisait, d’aller ensemble à l’Opéra. L’homme a du comprendre qu’il devait payer les places, même si cela n’a jamais été mentionné. Réaction :
– C’est fort tentant ! Y a-t-il une récompense à la clé ?
– Non, pas spécialement. Pourquoi ? Serais-tu le genre d’homme à marcher à la carotte ?
– Ok pour la carotte !

Et voilà qu’en trois phrases, un quiproquo est né.
Finalement, n’est-ce pas universel de penser que les faveurs d’une femme se monnayent, que ça soit par un billet de banque ou d’Opéra ? Les hommes payent pour avoir accès un listing de femmes, alors que les femmes ont le plus souvent, accès à ces sites de rencontres gratuitement.

Pour séduire une femme, un homme a tendance à sortir son porte feuille, comme un paon sort sa queue. Pour valoriser sa partenaire, il pense qu’il faut payer : un restaurant, un cinéma… ou juste un verre (Ouais, y en a qui se dévalorisent quand même !) en échange d’un espoir de concrétisation, d’une faveur, ne serait-ce qu’affective… Allez, faites pas semblant les filles, laquelle ne s’est jamais laissée tenter, au moins une fois, et même carrément baisée, grâce à une invitation de la sorte ? Ne prenons-nous pas un malin plaisir et même carrément une jouissance profonde à voir ce qu’un homme est prêt à mettre sur la table pour nous séduire, nous « avoir », nous baiser ? Et si la séduction induisait une forme de prostitution.

Cette réalité d’offre et de demande, se retrouve au sein du couple. N’avez-vous jamais laissé monsieur se décharger sur vous alors que vous n’en aviez pas fondamentalement envie ? Juste pour qu’il vous foute la paix, qu’il fasse la vaisselle ou simplement qu’il vous donne de l’affection… Du sexe pour un câlin. Réfléchissez. Vous avez fait l’étoile de mer en regardant votre montre. Monsieur s’est tranquillement vidé les couilles et vous avez obtenu ce pourquoi vous aviez écarté les cuisses (du moins, je vous le souhaite.) Concrètement, vous avez monnayé votre acte sexuel. Vous avez acheté, la paix social, l’affection ou peu importe quoi, mais avec votre chatte. Et si ce schéma « prostitueur » était un phénomène inhérent à notre fonctionnement relationnel ?

Les hommes sont donc toujours dans la demande ?
Bon, 200 millions de spermatozoïdes par éjaculation vs 1 ovule par mois…. Ça fait réfléchir.

Hommes et femmes, dans notre rapport à l’autre, avons intégré l’offre et la demande. Comme un échange de bons procédés. Un troc, voir un commerce dans lequel les femmes y prennent leur part de plaisir que ça soit dans la suscitation du désir, dans l’accomplissement de l’acte sexuel ou dans la récompense qu’elles y gagnent… voir, tout à la fois. Oui, nous sommes toutes des putes à notre manière. 

Le sexe sacré des femmes

Tout dans les relations induit un échange. Donner-recevoir… Qu’est ce que l’argent a de particulier pour qu’on ne puisse pas l’échanger contre une faveur sexuelle, dans la mesure où la liberté du choix des individus est complète ?  La prostitution est décriée pour son rapport au corps, en qualité de produit « consommable». Hypocrisie ! Qu’un masseur ou un kiné utilise ses bras, ses mains, son outil de travail, pour soulager et donner du plaisir à son client en échange d’une rémunération, ne fait rugir personne. Mais qu’une femme utilise son sexe de la même manière, là, on sort les griffes. « Ce n’est pas un métier, crient les abolitionnistes, Il n’y a pas de savoir faire à connaitre ! » Ah bon ?! Savoir donner et recevoir du plaisir sexuel est inné, tout comme la connaissance des parties du corps que ça concerne …? Non. Derrière ce débat, se cache en fait le rapport au sexe, qui plus est, au sexe féminin. Ce sexe sacralisé parce que générateur de vie. En monnayer ses plaisirs bafoue en fait une morale basée sur des principes archaïques et réducteurs. Le schéma classique de la mère et la putain.

On dit souvent d’une femme qu’elle « se fait baiser » ou qu’elle « baise avec », plus rarement qu’elle baise l’autre. Notons qu’en plus, « se faire baiser » veut aussi dire, se faire avoir, ce qui semble être de facto attribué à la condition féminine. Cette notion de passivité nous pousse dans la seule fonction du don de soi, du sacrifice. Or, la réalité des échanges est loin de ces principes ancestraux. Affirmer que la sexualité tarifée est en soi, une atteinte à la dignité de la femme est non seulement hypocrite, car cela nie la réalité de la nature des relations interpersonnelles, mais en plus, induit une conception de la sexualité d’un autre âge. Une conception patriarcale qui considère la femme comme victime, subissant l’échange sexuel et l’homme comme un bourreau, imposant son sexe. Une vision erronée, injuste et dangereuse de la sexualité, notamment féminine. Les filles, si vous vous sentez perpétuellement bafouées dans l’échange sexuel, augmentez vos tarifs !

La question fondamentale posée par le débat sur la prostitution n’est pas tant de savoir si oui ou non, l’esclavagisme sexuel doit être combattu – c’est une évidence qu’il le doit comme toute forme d’esclavagisme !- , mais bien quelle conception avons nous de la sexualité féminine ?

La KroNiqueuse

Un commentaire

  1. Ouaah en lisant ça, j’me dis que mon homme à moi est vraiment exceptionnel alors : faire l’étoile de mer pour que monsieur se vide les couilles, je ne connais pas ! Pour nous, c’est un échange, certes, mais un échange d’amour. Je n’attend rien en retour et lui non plus. Il n’a pas envie, on fait pas. J’ai pas envie, on fait pas. Sauf si on arrive à se laisser convaincre !

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