Cul-ture d’entreprise

Affiche du film de Patric Jean
Affiche du film de Patric Jean

Mon boss m’a fait comprendre,
Qu’il dirait pas non, si moi je disais oui…
Bref, qu’il serait assez pour
Que je me glisse sous son bureau,
Pour lui tailler une pipe !
Et moi, j’ai beau me marrer, faire genre : « Ha ha, très drôle ouais ! »
Je me sens vraiment pas à l’aise dans mes baskets !
Merde, mon boss veut me sauter et je sais pas comment gérer !
Comment refuser ses avances,
Sans me retrouver la dernière des merdes,
À me faire refiler que des tâches à la con,
À me faire engueuler comme du poisson pourri pour des trucs débiles,
Le tout, pour me punir d’avoir osé refuser ses avances,
Et entraîné par la même, une blessure d’égo que je paye chère,
Parce que pour la pipe sous le bureau, hein,
Bah il peut toujours courir les couilles à l’air dans les couloirs !
Le pire c’est que les collègues sont persuadés,
Que je baise déjà avec histoire de négocier quelque avancée…
A une période, c’était horrible
Ils me regardaient tous d’un air suspicieux,
surtout les mecs et les vieilles d’ailleurs,
Enfin ceux qu’il pouvait pas baiser quoi,
Genre ah ouais, t’as eu ce taf là hein, bah on sait pourquoi …
Tout n’était vu qu’en fonction du désir sexuel de l’autre timbré,
Et moi, j’étais dans un dilemme de ouff !!!
J’acceptais le boulot = j’étais une pute,
Je refusais le boulot = Tarée paranoïaque obsessionnelle,
qui en plus, passait à côté d’un taf sympa,
Laquelle choisir ?
Bah des fois, on préfère être une pute,
Pour pas faire d’histoire,
Une pute, nous les femmes on est habituées hein…?
Deux hommes un peu au dessus dans la hiérarchie,
m’ont fait comprendre qu’ils savaient,
Mais dans ces boites là, on sait pas s’ils viennent te parler pour te tester,
Parce qu’ils ont envie de nuire à machin,
Pour mieux en placer un autre et que finalement ton histoire,
Z’en ont rien à battre !
L’un a cramé ses avances en direct et s’est arrangé pour que j’ai son numéro,
Je me suis demandée si c’était pour me sauter aussi,
ou pour m’aider au cas où,
Avec le temps, je pense que c’était au cas où…
L’autre m’avait demandé de but en blanc, si mon boss était correct,
Moi, je pouvais pas vraiment lui dire non, mais j’allais pas lui dire oui non plus,
Alors j’ai fait une réponse… diplomatique,
« J’ai appris à gérer » ai-je dit.
Ouais j’ai appris ouais, fallait bien : avais-je le choix !?
J’ai réfléchi, longuement réfléchi…
L’autre me soûlait de plus en plus…
Il m’appelait le soir, pour me parler de trucs de merde,
Alors, je suis passée à l’attaque !
Je me suis positionnée comme le poto,
Je me sapais un peu plus comme un mec,
J’ai accepté ses blagues graveleuses de cul,
Et j’ai même renchéri en lui taillant un costard au passage.
Genre : « ha ha ha, te tailler une pipe ?! Trop drôle ouais !
M’enfin Michel, faudrait au moins me payer pour en arriver là,
Et t’en n’a vraiment pas les moyens ! »
Bim ! Il était bien obligé de rigoler, lui aussi…
Je me suis dit : bon, le soucis,
C’est que je risque d’aiguiser son envie à faire la meuf distante,
Alors, j’ai ajouté quelques confidences
Sur l’homme avec qui je couche en ce moment,
« Benji, je l’adore ! C’est un vrai mec, un mec de terrain quoi,
Un gars qu’est capable de tout…
On se dit tout lui et moi, c’est géniale !
Je t’ai pas dit qu’il bossait à la brigade des mœurs … ?!!
Bon, j’ai forcé le trait,
Mais qu’est ce qui fait mieux face à un mec, qu’un autre !?
N’empêche qu’à force de le soûler avec Benji mon héro prêt à tout,
Il m’a lâchée la grappe…
Du coup, je suis devenue sa grande pote,
Enfin, moi je l’aime pas trop ce gars là, mais c’est mon boss quoi,
Je fais la faux cul, sinon je finis au placard,
Au fil de ses confidences, de ses appels à d’autres en ma présence,
Je me suis aperçue qu’il y avait un paquet de nanas comme moi,
Qu’en fait, il essayait de baiser tout ce qui bouge,
De déstabiliser la moindre gonzesse pour voir, tester son pouvoir…
Se branler la nouille quoi !
Avec plus ou moins d’incidences, en fonction du lien hiérarchique,
Me suis demandée s’il réalisait quand même,
le mal qu’il fait autour de lui !
Il a pas l’air : il prend ça avec tellement d’humour,
Comme si c’était vraiment drôle quoi !
Ce qui est hallucinant, c’est que personne s’est jamais plaint !
Enfin, à ma connaissance…
Pourtant, tout le monde est au courant,
Qu’il est parfois carrément déplacé avec les femmes,
Moi, je m’en sors bien au final,
Je me suis défendue sans faire de vagues,
Même si je me suis pris la tête quoi,
Mais au fond, je me sens pas mieux,
Parce qu’aujourd’hui, je fais comme tout le monde :
Je ferme ma gueule…

Nom de code : occasionnelle

Un commentaire

  1. Hé ben … ça va pas t’aider mais j’aimerais pas être à ta place …une seule fois il m’est arrivé un truc dans le genre quand j’étai en stage de 6 mois, le patron (25 ans de plus que moi, gros et moche) qui me dit alors que je rebaissait ma jupe qui remontait à cause de mes collants : « -Non, non mais laissez là comme elle est (gros sourire salace) », ça m’a ulcérée, j’ai répondu « -Non mais je fais encore ce que je veux » et suis sortie de son bureau mais ça me dégoûte ce genre de boss qui se croient tout permis. Le principal c’est que tu restes réaliste tout en ce que ça n’empiète pas trop sur on moral, disons que la balance contraintes/bénéfices doit rester équilibrée sinon des fois mieux vaut garder ses principes quitte à prendre des risques (on est parfois étonné de voir la réaction des gens, comme si, si l’on ouvrait notre gueule tout allait s’écrouler pour nous alors qu’en fait souvent non. Perso j’ai décidé il y a quelques années que le machisme ne passerait plus par moi et je n’ai plus aucun problème de ce genre, non seulement on me respecte et l’on n’ose plus me faire aucune réflexion sur mon physique ou autre mais en plus j’obtiens ce que je veux quand même et je sens l’admiration dans le regard des autres, envers celle qui a décidé de ne jamais passer ses convictions (mais bon, c’est mon choix, je le fais pour des raisons personnelles, parce qu’il m’est impossible de passer outre cette violence des hommes tant je l’ai subi, je sais aussi que ce n’est pas facile pour tout le monde et que parfois l’on doit subir pour garder son travail). Plein de courage en tout cas et fais en sorte que tes collègues ne te prennent pas pour ce que tu n’es pas m****, c’est à ton patron de se faire considérer comme un salaud.

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