Coup de gueule !

Prend ça dans ta gueule !

Tient donc ! Me direz-vous, c’est étonnant pour un blog qui emmagasine autant de coups de gueule d’appeler un article spécifiquement comme ça. Bah ouais ! Je sais, en plus, on n’est pas le premier samedi du mois et je m’en vais gueuler pour qu’on arrête de croire que j’ai systématiquement les jambes écartées prête à me faire fourrer !! Wouuuaw dur pour la KroNiqueuse ! De toute façon, c’est mon blog et j’en fais ce que je veux !!

Alors voilà, je gueule parce que ça fait déjà plusieurs individus de sexe masculin qui pensent et me font bien ressentir que comme je suis capable d’écrire et d’assumer (en plus !) de parler de bite, de cul et de chatte sur mon blog, (entre autres, mais le reste des KroNiques, ça les intéresse pas….) alors je suis forcément une nana super ouverte de l’esprit… et des cuisses !

Ouais, figurez-vous que j’ai eu le droit à des petits messages et même à des rendez-vous, sous quelques prétextes que se soit, souvent professionnels d’ailleurs, qui se soldent par une impression tout à fait désagréable de me faire prendre pour une nana à la chatte ouverte, prête à se faire enfourner et surtout, qui n’a que ça à offrir !
Ça vous excite ?!
Bah moi, ça m’énerve !

C’est quand même assez intéressant de remarquer l’image que suscite chez ces messieurs, une femme qui parle ouvertement de sexe. Image de fille facile, qui est prête à sucer des kilomètres de queue pour grimper dans les échelons. Bah non !

Je ne parle pas de sexe pour parler de sexe, mais bien pour raconter des histoires que je trouve particulièrement révélatrices d’une certaine évolution de notre société et de la place de la femme au sein de celle-ci. Alors si toi, la seule profondeur que t’as voulu y chercher, c’est celle de mon cul, tu t’es gouré de combat ! C’est pas en venant tenter de me la mettre à l’envers, que tu vas me la mettre dans le mil ! Un mec comme ça, chez moi, on appelle ça un chien de la casse. Et ce, peu importe l’âge que t’as, ou les formules que t’utilises… ça se sent à dix bornes : t’as la queue en l’air quand tu parles : remballe, c’est pas poli !

Beurette émancipée
Alors, inévitablement, après la question féminine et du droit à parler de cul sans se faire traiter comme une fille aux basses mœurs, bah figurez-vous que je me suis posée une deuxième question fondamentale : celle de mes origines maghrébines.

Oui, vous allez me dire : roooo c’est cliché, la beurette émancipée qui baise à tout va… Vous avez raison, c’est cliché. Mais en discutant autour de moi, avec des beurettes émancipées, j’ai eu la surprise de constater que j’étais pas la seule à ressentir cette espèce de sentiment chelou d’être une vraie proie pour certains messieurs, par le fait même d’avoir la peau un peu basanée ou disons des origines « exotiques ».

Je ne sais pas si c’est l’inconscient collectif postcolonial qui fait persister l’image fantasmagorique de la femme maghrébine soumise, à poil dans son hammam, avec la peau brune humide et le cheveu noir bouclé tombant sur ses reins, mais à plusieurs reprises, sous ce regard, je me suis sentie sale. Et en partageant ça avec d’autres filles basanées, je me suis rendu-compte que ça ne venait pas de moi ! Surtout que question éducation maghrébine, chez moi, faudra repasser. Donc je ne pouvais même pas essayer d’y trouver une explication dans une sois-disant victimisation genre historico-culturelle machin chose… tout ça, ça fait pas partie de mon passif. Non, c’était bien dans l’œil conquérant d’en face. Et ça, c’est inadmissible !

Et le pire, c’est que ce n’est pas l’apanage unique des hommes blancs d’une certaine époque. Même si franchement, ça arrive souvent dans ce sens là ! Certains hommes basanés comme moi, me font ressentir la même chose. Non mais oh ! Y en a un, dans la rue, prétendant être d’origine de Dubaï, qui m’a carrément sorti sa carte bleue et un billet de 50 euros en me demandant avec un accent à couper au couteau, si j’étais une arabe ?! Au début, j’ai cru qu’il voulait un renseignement. Il m’a demandé si il y avait un bureau de la banque dont le nom était inscrit sur sa carte bleue dans le quartier. J’ai répondu que non et je suis partie. Le voilà qu’il continu de m’alpaguer en me tendant son billet et en me proposant de continuer à discuter… me voyant me barrer, le mec m’a lancé : »mais ?! t’es pas une arabe ?!

Le temps que je réalise ce qu’il était en train de prétendre, j’avais déjà passé mon chemin : j’allais chercher ma fille, j’étais pressée et… dégoutée. Pourtant, je n’étais même pas sapée en bas résilles et jupe de cuir courte à déambuler sur le trottoir hein ! Je me suis regardée dans une vitrine histoire d’en être sûre quand même… on sait jamais, des fois que je me serais gourée le matin, en m’habillant ! Non, j’étais en jean, basket, débardeur…

Alors du coup, je me suis dit bon, j’ai plus qu’à me balader les seins à l’air en écrivant dessus : « je suis une arabe, tu me baiseras pas et je t’emmerde », mais j’ai trouvé que ça sonnait trop comme de la mauvaise récupération. Et puis, je ne suis pas une arabe, répèterait mon papa, je suis berbère !! Ça n’a rien à voir ! Bref, mes lolos sont trop fragiles pour porter un message aussi lourd, alors que mon blog…

Donc voilà, aujourd’hui, c’est dit : je suis une femme française d’origine maghrébine, je parle de cul et de plein d’autres choses intéressantes aussi, je suis capable de sensibilité, de réflechir et même d’aligner plusieurs phrases de suite avec une cohérence certaine, (oui, oui, je t’assure !), je ne baise que pour le plaisir et surtout : je t’emmerde !

Haaaaa ça fait du bien !

La KroNiqueuse

7 commentaires

  1. Je vois que ce que certains appellent le côté « exotique », ici ça s’appelle plutôt le côté bouillant, coupé au rasoir et servi chaud sur une sauce pimentée pour que lorsque le goût passe, le cave trépasse…Je pourrai dire lâchement que quand je vois certains mecs je me dis que je suis content de ne pas être une fille, mais on pourrait dire l’inverse pour autre chose certes…En tout cas ta verve est aussi affûtée que ma fureur lorsque je fais la queue à la poste avec un crétin qui me pousse derrière pour savoir si ils encaissent les chèques, et bobonne devant qui agite la poussette avec son marmot à l’intérieur comme une saloperie de shaker au coktail qui a déjà trop tourné!!…J’ai pris plaisir en tout cas à lire ton post…et les autres…

  2. Naïves que nous sommes, nous les femmes ! Pourtant ma grand-mère me le disait « les hommes, tous des cochons » et nous, moi en tout cas, j’ai voulu penser que j’étais à égalité avec eux, voire, même, que je pouvais parler de tout, me marrer, faire marrer les autres, picoler, sortir, comme un mec. Mais non. Les hommes nous ramènent souvent trop durement à notre « place ». D’un coup d’un regard aigrillard ou d’une remarque acerbe. Et difficile d’assumer.
    Ca m’est arrivé il n’y a pas longtemps. Je suis avec mon nouveau chéri avec qui je suis bien et qui n’est pas un fêtard. Donc, je ne sors plus beaucoup dans mes anciens repaires de tise et de nuits blanches. Je croise une anciennes connaissance, on papote, il me reproche de ne plus sortir et en rigolant « ben oui, t’as plus besoin de venir pécho ». Mon chéri encaisse avec le sourire, moi aussi, harf, harf, harf. Le crétin vient me poursuivre à ma voiture « ha, ha ! trop marrant ! venir pécho ! la tête de ton mec ! « .
    Le crétin, donc, me traite de salope, devant mon amoureux, et se marre. J’imagine très bien l’inverse « ha oui ? c’est ta femme ? elle est mieux que les alcoolos que tu tirais l’année dernière. T’étais pas le dernier des queutards, harf, harf »
    Mais je suis une femme : ici, on me rappelle que je ne peux pas me comporter comme un homme (ou presque, je ne couchais pas avec ces mecs…) et attendre la solidarité masculine, et aussi, on me rappelle que j’appartiens à leur sérail, à leur bande de ces gars là. On te rappelle que tu dois être une arabe soumise, une femme soumise, on nous rappelle que rire fait trop d’éclats, que nous ne sommes libres qu’au mépris de notre image.

    • C’est vrai, tu fais des discours cohérents. Mais le discours beurette mi-victime mi-alpha-female-que-tout-le-monde-veut-baiser, je suis pas sûr de bien voir la spécificité. Je pense que toutes les femmes vaguement attirantes ont des récits de « salissure » résultant de la concupiscence du mâle-en-rut, ni frais ni subtil. A moins que les beurettes soient juste plus bonnes et puis c’est tout.

    • Théodule, il y a une forme de fantasme lié au fait d’appartenir à une ethnie qui fut sous le contrôle d’une autre. Il y a un fantasme de soumission qui perdure dans un certain inconscient collectif. Et chez certain, ça se ressent vraiment fortement dans leurs attitudes. Ce n’est pas parce que la femme arabe est plus bonne que les autres, c’est parce que dans une certaine mesure, elle génère un certain aura fantasmagorique et cet aura est franchement pénible. l’aura d’autre type de femme est parfois plus simple à porter.

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