Rupture conventionnelle

coeur brisé

Il est parti et je ne l’ai pas retenu.
Il a eu raison : à sa place, j’aurais fait pareil.
Je ne sais pas pourquoi, parfois, je suis comme ça.
Du jour au lendemain, j’ai plus envie.
Je ne calcule plus. Je fuis.
Il n’avait rien fait de si mal, enfin ce n’était pas conscient,
Et moi, je lui ai pas pardonné ce que j’ai pris, pour un manque de compréhension.
Il était toujours là quand je l’appelais,
Toujours intéressé par ce que je faisais,
Ce je vivais, ce que je ressentais.
Toujours à l’écoute, près à tout,
À s’engager, à accepter ma fille, qu’il aimait beaucoup.
Qu’il aimait trop. Trop vite.
Il était vraiment gentil.
Oohh on sait toutes que quand une nana commence par dire d’un mec
« Il est gentil » il y a systématiquement le « mais… » qui vient ponctuer le truc,
Et introduire les éléments qui en fait, te soulent à mort.
Ouais il était gentil,
Et puis niveau cul… il manquait quelque chose,
Il n’y avait pas cette fureur que t’as au début,
Celle qui te chamboule,
Celle qui te fait vibrer,
Et puis, ça a été trop vite,
J’en suis responsable aussi,
C’est moi qui suis partie avec ma fille,
Passer quelques jours chez lui,
Là bas, loin de Paris.
Mais quand lui est venu passer quelques jours à Paris,
Ça a changé la donne,
Il est resté ici, dans mon petit chez moi,
Dans mon petit chez elle,
Trop longtemps, trop souvent,
J’ai étouffé, ma fille aussi.
Et lui, il a pas vu.
Il a pas compris qu’elle se levait toutes les nuits,
Parceque ça l’a chamboulée,
Qu’après l’avoir déposée à l’école,
J’ai fini par passer mes matinées au café,
Pour fuir,
J’ai essayé de lui dire, de lui expliquer,
Que c’était trop intrusif,
Qu’on n’avait même pas fait de sorties ensemble,
Taper des délires,
Construit un truc à nous deux,
Qu’on a tout de suite plongé dans une vie de couple avec enfant,
MON enfant qui plus est !
Mais le mal était fait.
J’ai pas supporté,
Ça m’a bloqué.
Trop brusque,
Trop violent,
Je suis seule avec ma fille depuis si longtemps,
Personne ne peut se permettre de débarquer comme ça et d’imposer sa présence,
Alors j’ai fui. J’ai infligé la distance,
La distance irrécupérable,
Tellement grande,
Tellement importante,
Qu’il est parti.
Il a eu raison.
Il était trop gentil.
J’ai l’impression que je l’aurais broyé.
Que pour que je m’attache vraiment,
Faut m’en mettre plein la tête,
Me faire languir,
Me maltraiter,
Sinon, je suis une machine à broyer les hommes.
Alors, il est parti,
Et je lui ai dit qu’il avait raison,
Qu’à sa place, j’aurais fait pareil,
Et à ça, il n’y a rien à ajouter.

Nom de code : Yasmine

Un commentaire

  1. Juste un bémol a ajouter :
    ‘Tu es comme ça et tu ne changeras pas meme si tu te forces à croire que tu n’es pas ça…
    Tu dois avoir un poison qui te coule dans les veines ‘yasmine’ un truc indéfinissable qui sans cesse te rattrapera.

    Continue comme ça tu y arriveras…

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