Ces papas qui nous emmerdent

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Oui, on les a choisis.
Oui, on les a aimés.
Oui, ils ont été le centre de nos vies.
Oui, on leur a fait des enfants.
Oui, on les a détestés.
Oui, on aurait préféré ne jamais les revoir…

…Mais non, on n’a plus le choix.

Gérer les papas de nos enfants quand on est séparé, c’est parfois dur. Très dur.
On est tiraillée entre notre culpabilité (tiens donc ?!) de ne pas avoir su fonder un foyer basé sur les préceptes d’un homme, une femme et deux enfants – Oui la pub Cornflakes c’est un peu ça – et choubidou qui hurle « je vais le dire à papaaaaaaaaaaaaaa! » à trois heures du mat quand on s’énerve parce qu’il ne dort toujours pas.
Et là, tu sers les dents, et tu penses très fort :

Tu veux qu’on l’appel là tout de suite ton super papa ?! Franchement il est trois heures du matin, je serai ravie de partager avec ce héro du quotidien, le bonheur de cette dispute nocturne. Je suis sûre qu’il sera aussi ravi que moi ! Chiche on l’appel ?!

Après avoir pesé le pour : le faire chier en pleine nuit pour qu’il réalise que c’est pas facile d’élever un gosse toute seule, (ouais même si c’est moi qui me suis barrée !!) et le contre : le jugement dernier : Choubidou ne dort pas encooore ? Mais qu’est ce que tu fous ?…
heeeeuuuu, mon choix est fait.
Je gère.
Super maman à l’action !
« On appellera papa demain ! Papa il t’aime très fort, il pense à toi… gna gna gna ! « 
Tu parles ! Il est au fond de son pieu sous sa couette en train de dormir… ou pire ! LUI, au moins !!
Mais on fait face. On encaisse et équilibre psychologique de choubidou oblige : on ment, on arrondie les angles, on fait passer la pilule… de papa qui n’est pas là !

Et comme il n’est pas là, papa, c’est le roi. Papa ci, et papa ça et papa aurait fait ci et papa aurait fait ça, et « je veux mettre les chaussures que papa m’a achetée» (même si se sont des sandales et qu’il fait 5 degrés dehors hein!), et « mon papa à moi bah il est plus fort que toi… » et merde !

Comment lui dire gentiment à Choubidou, que papa parfois, souvent… trop souvent, il m’emmerde !

Et sinon les responsabilités… tu connais ?

Déjà, arriver à se mettre d’accord sur les termes de la séparation c’est chaud, surtout quand c’est la mère qui se barre. Ah bah oui, faut payer le prix fort d’avoir osé vouloir et surtout de pouvoir se barrer quand le couple ne fonctionne plus ou que c’est carrément la misère…

Donc souvent entaché de cette profonde rancœur affective : négocier les temps de visites, les pensions alimentaires, les interventions dans les décisions, et l’éventualité de l’arrivée d’un autre homme dans notre vie…peut vite virer à l’enfer et à l’affrontement permanent ! Chaque situation est unique… bla bla bla. On sait ! Mais il y a des choses qu’on ne peut pas gérer en tant que maman au quotidien, peu importe qui a quitté qui.

Hors de question d’appeler super papa dès qu’il s’agit de signer un mot de la maitresse ou d’emmener choubidou chez le docteur sinon, on rentre dans un système de rendre des comptes. Et rendre des comptes, y en a ras la casquette !!

Ces papas là (ouais, y en a qui on eu plus de chances…) en plus, ont une fâcheuse tendance à vouloir tout en fonction de leur emploi du temps, de leur vie, de leur décision… et parfois même de vouloir insidieusement avoir un droit de regard sur ce qui se passe dans nos vies privées ! Et ça, le zizi centrisme, y en a aussi ras la casquette !!

Hors de question donc, de lui offrir ses droits sur un plateau d’argent sans que monsieur ait aussi, accompli le minimum de ses devoirs :
– Payer la pension alimentaire : non messieurs on ne l’utilise pas pour aller s’acheter la dernière paire de pompe Dolce & Gabana (quoi que…)
– Respecter ses horaires de visites et de vacances : les plans foireux de dernières minutes c’est ingérable !

Bref, prendre ses responsabilités. Être papa, ça s’assume ! Élever un enfant seule, aussi et c’est dur. Ce n’était pas nécessairement la vision idéale de la maternité des mamans solo. Ce qui est sûr, c’est qu’un papa, c’est mieux en partenaire qu’en ennemi ! Parce que ce qui compte, c’est Choubidou. Mec, comprends que si maman va mal, si maman est stressée et qu’en plus papa en rajoute, c’est la merde, surtout pour Choubidou ! C’est la base bordel ! Après, on discute… Non mais l’autre hey !

Papa es-tu là ?

Toutes ces discussions pour en arriver à une question centrale : c’est quoi un papa ?
Un géniteur ? Celui qui a mis sa graine dans maman… ok, mais encore !? Il fut un temps où papa était le garant de l’autorité familiale. Il dictait les règles et tout le monde s’y pliait. De sa grosse voix, un coup de gueulante et pfiou, plus personne bronchait… Mais aujourd’hui, papa change les couches, papa emmène choubidou à l’école, maman impose aussi des règles, maman pousse des gueulantes et se fait écouter… En plus de ça, maman est de plus en plus souvent seule avec choubidou, ou recompose une famille avec le papa d’autres enfants. Et là, ça complique les choses ! Une maman, c’est indéfectible, c’est l’amour maternel, c’est le sein, le lait… On ne se pose pas la question puisque dans la grande majorité des cas, c’est maman qui garde les enfants. Et quand elle est seule, maman fait aussi le « papa ». Mais alors un papa, ça sert à quoi ?

Je me suis posée cette question le jour où ma fille et sa meilleur copine ont décrété officiellement, que compte tenu de leurs expériences propres : un papa, c’était pas là ! Et je me suis dit, merde, comment changer cette vision des choses. Et puis m’es venu une autre question : pourquoi devrais-je changer cet état de fait ? Papa n’est pas là, c’est la réalité ! Pourquoi la protéger de ce qu’elle va finir par découvrir toute seule : non, papa n’assure pas, pourquoi devrais-je protéger son géniteur du jugement de sa fille ?

Alors un papa, ça peut servir à connaitre ses origines, savoir d’où on vient, de qui, de quelle famille… Oui, ça c’est sûr. Mais encore ?

A protéger ? Bon.

Le garant du bonheur de sa famille ? Bah y a du boulot….. Ce qu’on sait, c’est que c’est un repère pour l’enfant. Peut-être moins encrer que la mère peut l’être, mais sa présence permet de sortir du « binôme » exclusif enfant-maman.

A laisser exprimer chez la petite fille son complexe d’Œdipe qui fera en sorte qu’elle cherchera inconsciemment une figure masculine proche de ce qu’elle fantasmait chez son père ? A permettre au petit garçon la comparaison salvatrice : j’ai un zizi, papa aussi, ouf tout va bien…. Est-ce que c’est celui qui doit donner l’image « masculine » ?
Mais d’autres peuvent aussi incarner tout ça ?

Merde, aujourd’hui j’en suis, à ne pas vraiment savoir à quoi ça sert un papa !

La KroNiqueuse

Un commentaire

  1. c’est Ça un papa c quoi????
    En dehors du rose et des histoires de prince tres charmant. J’ essai de faire comprendre a ma fille qu un papa ca ne demissionne pas! enfin pas toujours.
    Merci Kronikeuses, le ton desacralises (un peu) l histoire trop souvent banal.
    ….mais qui porte la culotte dans cette histoire?

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